La poésie en quête d’un second souffle

Jugée trop exigeante, la poésie semble délaissée par le public. Afin de la rendre plus accessible,de nombreuses initiatives sont organisées partout en France. La plus connue d’entre elles, le Printemps des poètes, se tient du 9 au 25 mars.
Le Club des poètes, l’enseigne a de quoi intriguer les passants. En quelques mots, elle renvoie à la promesse d’un passé perdu qui reprend vie. Durant le Printemps des poètes , du 9 au 25 mars, le restaurant parisien aux allures de taverne devient une fourmilière. Deux à trois soirées par semaine, l’établissement propose une action en lien avec la poésie, là où il n’organise qu’un événement hebdomadaire de ce type le reste de l’année. Un rythme intensif qui répond aussi à l’adage du lieu : « rendre la poésie contagieuse et inévitable« , comme l’énonce chaque soir son gérant, Blaise Rosnay. Ouvert en 1961, l’endroit est l’une des rares place à Paris dédiée à la poésie. Le lieu propose majoritairement des lectures publiques où chacun peut écouter et réciter des textes choisis. Une initiative en phase avec ce que met en avant le Printemps de poètes.  » Les lectures publiques ou mises en espace sur scène sont parmi les initiatives que défend notre manifestation » explique Sophie Nauleau, la directrice du festival organisé par le Centre National pour la Poésie.
Le festival comme eldorado
Petit poucet du monde de l’édition, la poésie représente 0,5 % des ventes de livres pour l’année 2017, selon le syndicat national de l’édition. Et encore, l’étude regroupe les ventes avec celles des livres de théâtre…
« Il n’y a plus tellement cette culture de l’achat, il importe donc de multiplier les autres formes de découvertes« , confie Sophie Nauleau. Pour continuer à promouvoir cet art littéraire, le festival programme des événements partout en France en s’associant à des projets locaux. C’est le cas à Bordeaux  avec le marché de la poésie mis en place par Jean-Paul Brussac et  ses « complices bénévoles« . Grâce au Printemps mais aussi en collaboration avec la ville et le centre national du livre, le marché qui fête ses 20 ans a trouvé son public. « Au début c’était un peu folklorique mais maintenant nous commençons à être rodés« , explique le libraire. Ces événements permettent d’attirer de nombreux spectateurs et de mobiliser « au-delà des cénacles traditionnels« , selon Sophie Nauleau. Mais il reste pourtant restreint car par nature éphémère. Conquérir de nouveaux territoires Vouloir populariser, c’est aussi savoir adapter ses formes au numérique pour conquérir un public plus jeune. Pour Catel Tomo, fondateur de l’association Appelle-moi poésie, La faible popularité de la poésie dans notre société est en partie due à un mode d’apprentissage trop scolaire« . Il œuvre pour qu’elle envahisse le champ des nouvelles technologies. « Notre travail est de créer un pont entre les jeunes et les artistes contemporains« . Une passerelle qui passe notamment par la vidéo. Une façon de de redonner à la performance poétique ses airs les plus séduisants. Sur Instagram, certains à l’image de l’Américain Tyler Knott, ont réussis à attirer des centaines de milliers d’abonnés autour de la poésie. Les « instapoètes » comme ils sont surnommés sont l’une des voies permettant à la poésie de se refaire une place dans la société. Tous militent pour que le « plus joli surnom qu’on donne à la vie » selon la formule de Jacques Prévert ne se résume pas à l’entretien des plaques commémoratives des poètes disparus. Guillaume Fournier

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