La justice valide l’arrêt des soins pour Vincent Lambert

« Une obstination déraisonnable« . C’est ainsi que le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (51) a qualifié jeudi 31 janvier la situation dans laquelle est maintenu Vincent Lambert, dans un état végétatif depuis dix ans.

Il est désormais possible pour le CHU de Reims d’entamer la procédure d’arrêt des soins, annoncée par décision collégiale en avril 2018. Les parents du patient, fermement opposés à sa fin de vie par arrêt des traitements, avaient déposé une requête en urgence pour empêcher le déclenchement de la procédure. 

Le tribunal administratif s’aligne sur l’expertise du Dr Vincent Sanchez, qui motivait ainsi la décision du groupe de médecins: « Le maintien des soins et traitements qui sont prescrits à Vincent Lambert, dont l’alimentation et l’hydratation font partie, n’a pour effet que le seul maintien artificiel de la vie du patient« . 

L’état « irréversible » du patient tétraplégique de 42 ans, père de famille, et devenu emblématique du débat sur l’euthanasie en France, a été souligné par deux expertises judiciaires, en 2014 puis en 2018.

Dans ces conditions, la décision du médecin n’est « pas contraire aux prescriptions » posées par la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie, reprises dans le Code de la santé publique, a souligné le tribunal administratif dans un communiqué jeudi 31 janvier. 

La mise en oeuvre effective de l’arrêt des soins demeure cependant incertaine : les parents du patient avaient en effet annoncé qu’ils feraient appel devant le Conseil d’Etat si leur requête était rejetée. 

Anna Mutelet avec AFP

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