Edouard Philippe ouvert à un système fiscal « plus progressif »

Matignon réfléchit notamment à l’idée d’une TVA à taux zéro sur certains produits, ainsi que de définir des tranches plus élevées de l’impôt sur le revenu. 

Rendre le système fiscal français « plus progressif ». C’est l’idée avancée mercredi 30 janvier à l’antenne de France Inter par le Premier ministre Edouard Philippe.

Invité sur la station du service public pour répondre aux auditeurs, le Premier ministre a répondu prudemment aux questions portant sur la fiscalité, l’un des quatre thèmes du grand débat national, lancé par l’exécutif pour répondre à la crise des gilets jaunes. 

« Je pense que nous pouvons travailler, c’est long et je sais que c’est difficile, à un système fiscal moins complexe, moins absurde et plus progressif« , a déclaré le Premier ministre. 

Sans effectuer de réelle annonce, Edouard Philippe a néanmoins avancé l’idée d’une « TVA zéro » pour les produits de première nécessité, contre 2,5% et 5,5% actuellement. Une disposition « intellectuellement » et « juridiquement possible », conditionné à l’accord de l’Union européenne. L’ancien maire du Havre a toutefois tempéré la portée de cette éventuelle mesure : « La différence entre une TVA à 0% ou une TVA à 2% sur les produits de première nécessité, c’est probablement quasi invisible« . 

 

Edouard Philippe défend les mesures du gouvernement

Le Premier ministre a également profité de son temps d’antenne pour mettre en avant la suppression déjà actée de la taxe d’habitation, un impôt « pas très progressif » et « très injuste« , selon ses termes. Parallèlement, il a, une fois de plus, pris la défense de la suppression de l’ISF (impôt sur la fortune), décidée par le gouvernement.

Concernant l’idée de faire payer l’impôt à tous les Français dès le premier euro gagné, le Premier ministre a pointé que c’était déjà le cas pour la CSG, ou pour la TVA en ce qui concerne les dépenses, sans pour autant en écarter l’idée. 

Le Premier ministre s’est également montré évasif quant à la question de l’avenir de la taxe carbone, détonateur de la crise des gilets jaunes. Sa hausse a été annulée pour 2019, mais l’incertitude demeure pour 2020. « Aujourd’hui je ne vois pas d’hypothèse dans laquelle on peut facilement repartir avec une augmentation de cette taxe, ça c’est clair. Mais il faut se poser la question du système fiscal qu’on veut », a finalement plaidé le numéro deux de l’exécutif.

Anna Mutelet avec AFP

 

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